Derek Van Heurck - Bellerose

12 septembre 2021
Fils du fondateur de la maison Bellerose, Derek Van Heurck est revenu, un peu par hasard, au cocon familial après un détour par New York. Féru de textiles depuis son enfance, cela fait maintenant 13 ans qu'il a rejoint l'équipe pour finalement reprendre la fonction de Directeur artistique de Bellerose, marque incontournable belge qu'il qualifie lui-même de "luxe accessible". Comment une entreprise de mode à succès réagit-elle aujourd'hui aux défis posés par les évolutions sur le marché du textile et par la durabilité? Petit tour d'horizon…

À l'origine de Bellerose, on trouve une fascination pour les voyages et les vêtements, voyage qui a un jour conduit Patrick Van Heurck, fondateur de la marque, dans un village de la côte est des États-Unis, Bellerose. Ce fut le début d'une aventure qui dure depuis plus de trente ans maintenant. Alors qu'à ses débuts elle ne proposait qu'une sélection de chemises pour hommes (de haute qualité, déjà), la marque a rapidement grandi en Belgique avec une première boutique concept store à Knokke proposant outre des vêtements Bellerose, d'autres produits typiquement américains que l'on ne trouvait pas en Belgique.

"Pendant les années 1990, la fascination pour tout ce qui était américain était assez forte," raconte Derek Van Heurck. "Ces dernières années pourtant, nous mettons délibérément l'accent sur notre identité belge. En tant que petit pays, nous nous inspirons forcément d'autres cultures, comme celle du Japon ou d'autres pays européens, et nous remodelons ces éléments à notre façon. Après tout, du beau, on en trouve partout. Mais nous sommes clairement une marque belge et nous la mettons en avant avec fierté dans nos exportations à l'étranger, que ce soit en France, aux États-Unis ou ailleurs."

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La durabilité? Une évidence

"Depuis maintenant une petite dizaine d'années, on retrouve des tissus écologiques et recyclés chez les différents fabricants," explique Derek Van Heurck. "Si la clientèle a très bien accueilli le concept de payer un peu plus cher pour des vêtements en coton biologique, par exemple, elle n'était à l'époque pas encore prête à dénouer les cordons de sa bourse. Le monde de l'alimentation avait en ce sens une longueur d'avance sur le secteur du textile, mais ce retard a entre-temps largement été rattrapé et de manière très rapide et plus personne ne met aujourd'hui encore en doute l'importance d'avoir des produits écologiques et durables.

Une bonne partie des fournisseurs, des usines de par le monde, tous continents confondus, sait qu’ils doivent être en mesure d'offrir ces produits-là. Du côté du consommateur, la conscience face à l'écologie en général est telle, que le made in Europe devient un facteur décisif. À cela je répondrais tout de même qu'il y a de bonnes usines partout. Chaque pays a ainsi sa propre spécialité et il est de notre devoir aussi de tirer profit au mieux de cette expertise et de ce savoir-faire. Un produit made in Europe ne sera pas nécessairement mieux fait qu'un made in China, tout dépend de vos partenaires."

Les challenges d'une création durable

Selon Derek, il existe trois manières de produire de manière durable: des produits recyclés, des produits écologiques et des produits de qualité. "Le défi avec le recyclage est qu'il faut tenir à l'œil la qualité, qui se doit de rester irréprochable. Pour les produits écologiques, si la qualité ne pose pas problème, nous devons cependant pouvoir vérifier la provenance des matériaux. Enfin, chez Bellerose, notre philosophie est de produire des produits intemporels, même si nous suivons bien entendu la mode de près. Si je dis intemporels, je veux dire par là de haute qualité et de style intemporel. Des vêtements qui tiennent, que l'on peut porter pendant des années. Si quelqu'un porte encore la même pièce après dix ans, c'est que nous avons gagné notre pari."

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Slow fashion ou fast fashion?

"Le slow fashion a déjà gagné des parts de marché ces dernières années," affirme Derek, "mais le fast fashion ne va pas disparaître pour autant, il va simplement devoir s'adapter à la demande d'une mode plus durable. Ce qui compte en définitive pour Bellerose, ce sont des produits d'excellente qualité. Écologiques ou recyclés quand c'est possible, mais de qualité tout d'abord. Je préfère en effet acheter un bon produit par an qui tient plusieurs années qu'un autre que je devrais jeter au bout de trois lavages. C'est cela aussi, l'écologie." "Toutes les marques surfent sur la vague de l'écologie, c'est une excellente chose pour la planète, mais chez Bellerose, nous le faisons de manière prudente et discrète. Nous ne nous en servons pas comme d'un outil de marketing."

Un dernier secteur qui a véritablement explosé dans le monde de la mode durable et en particulier chez les jeunes, c'est le vintage. "Nous suivons cela de très près," souligne Derek Van Heurck. "Nous prévoyons ainsi de mettre sur pied dans un proche avenir une offre de vêtements Bellerose de seconde main avec, dans nos boutiques, des ateliers de retouche. Les clients auront le choix d'échanger leurs habits Bellerose pour un bon d'achat, les faire réparer si nécessaire, voire de les offrir à des œuvres caritatives."
 

L'humain compte aussi

La même évolution vers un travail plus humain se fait sentir chez Bellerose. Derek Van Heurck se targue de miser sur de nombreuses initiatives comme une spacieuse cuisine commune dans le siège, des vélos électriques proposés aux collègues, des cours de yoga et même bientôt un potager qui va être installé sur le toit du siège, où chacun pourra faire pousser ses propres laitues ou tomates sur la parcelle qui lui sera attribuée. 

Challenge de demain

Le secteur textile fait face, depuis plusieurs années, à une forte augmentation des prix des matières premières et cette évolution ne semble pas devoir s'inverser dans un avenir proche. Comment Bellerose peut-elle y faire face, alors qu'elle se base justement sur des produits de luxe accessible?
Derek Van Heurck: "Nous voulons continuer à offrir à nos clients la même qualité à laquelle ils sont accoutumés depuis toujours et ce, au même prix. Ce rapport qualité-prix compétitif fait notre particularité et nous tenons absolument à garder cette stabilité des prix. Comme beaucoup d'autres marques, nous pouvons compter sur la fidélité de nos clients mais à terme, nous devrons faire des choix."

"Pour Bellerose, le plus important est de continuer à évoluer," conclut Derek. "Après plus de trente ans, la marque n'a jamais cessé de se réinventer tout en gardant son ADN et en suivant un fil rouge tout au long des années. Cette évolution se remarque dans l'expérience client, dans l'architecture de nos magasins, dans nos produits, notre marketing et notre image. Afin de soutenir cette évolution constante, nous misons sur 3 départements: le wholesale, notre vitrine sur le monde, le retail, avec une expérience client unique et enfin le département digital, dans lequel nous investissons à fond. Bellerose est montée dans le train de l'avenir à temps, et compte bien y rester encore longtemps"

www.bellerose.be
 

Derek Van Heurck
 

 

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